Jour 1 du confinement

Puisque nous sommes partis pour une situation totalement inédite et même historique, l’idée m’est venue d’en faire une chronique quotidienne, ici même.

JOUR 1

45 jours (oui je sais, il a dit “quinze, au moins”, ce qui est compréhensible parce qu’annoncer d’emblée 45 jours, ça aurait créé une panique dans les supermarchés… Comment ça c’est déjà fait ?) chacun chez soi, la France et le monde quasiment à l’arrêt, c’est tellement fou qu’on ne réalise pas encore ce que ça veut dire.

D’abord, ça veut dire que la planète va respirer un bon coup. On a tous vu ces images de la Nasa au dessus de la Chine, ou de l’Italie, qui montraient les taches rouges de pollution disparaitre. On pourra les voir en Europe bientôt, et sans doute ailleurs. Oui, la planète va respirer, et ça c’est une bonne nouvelle, pour nous tous.

Ensuite, ça veut dire que sonne pour chaque adulte l’heure de vérité. On va se retrouver face à nous-mêmes et à nos choix. Pour la plupart des gens ça n’arrive jamais, sauf avec le grand âge. Le temps ne va pas s’arrêter, mais considérablement ralentir. Et ce ralentissement va nous obliger à prendre la mesure de nos décisions passées.

Ceux qui ont tout misé sur leur carrière et négligé les relations interpersonnelles ne pourront plus ignorer leur solitude.
Ceux qui ont laissé pousser leurs enfants comme de mauvaises herbes (et là je ne parle pas de ceux qui ont des enfants à problèmes malgré leur éducation attentive) vont se prendre leur manque de sens des responsabilités en pleine face.
Ceux qui ne savent vivre que dans le paraitre et les futilités vont se noyer dans l’ennui.
Ceux qui ont voué leur existence à l’exercice d’un pouvoir sur autrui vont découvrir leur fragilité.
Ceux qui ont choisi les conforts de la ville vont regretter celui de la campagne.
Ceux qui restaient en couple par peur (de la solitude) habitude ou intérêt vont devoir assumer cette lâcheté.
Etc.

Mais aussi :
Ceux qui ont noué des liens solides et féconds seront en mesure de traverser l’épreuve avec un entourage attentif et présent, au moins virtuellement (téléphone compris).
Ceux qui ont travaillé à préserver un équilibre entre travail et vie personnelle vont rester solides dans la tourmente.
Ceux qui ont des hobbys solitaires vont profiter d’une telle aubaine.
Ceux qui rêvaient de passer plus de temps avec leurs enfants seront exaucés.
Etc.

Si nos vies étaient, jusqu’à aujourd’hui, vides de sens et d’humanité, alors la période sera probablement terrible.
Si au contraire nous avions déjà appris à puiser en nous l’essentiel, ce sera seulement une accalmie.

L’heure de vérité a sonné.

Le masque social va tomber.

45 jours, une éternité ? Ou une volupté ?

Le philosophe Pascal a écrit : ” Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne pas savoir demeurer en repos dans une chambre”.
Et aussi : “Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser”

Le temps est venu de penser, puisqu’on ne peut plus s’échapper dans moult activités. La frénésie, c’est terminé.

45 jours pour apprendre à aimer, à relativiser, à jouer, à lire, à découvrir que le travail n’est pas la panacée, à aider, à faire un potager, à regarder le ciel et à rêver…

Une belle opportunité…

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