Jour 5 – J’en ai marre !

Oui, j’en ai marre. Pas du confinement (je rêvais de devenir ermite jusque vers la trentaine, c’est dire si l’isolement ne me pose aucun problème), mais du reste.

Ce reste, qu’est-ce donc ?

– La cacophonie des nouvelles. On lit que les médecins, internes, personnels soignants divers et variés sont déjà en panique, que la courbe des décès ne s’infléchira pas avant un mois, et de l’autre (dans Sud-Ouest) que le gouvernement annonce que la durée du confinement ne sera pas étendue. On reprendrait donc tous nos activités tranquillement dans 10 jours ?

– On nous égrène dans la presse le chapelet des morts et des cas, en France, en Italie, dans le monde, comme une psalmodie morbide, un hymne hypnotique destiné à justifier la psychose qui s’est emparée de toute la planète, d’un coup d’un seul. Parce que c’est une psychose collective que nous vivons. Définition : « Affection psychique grave, dont le malade n’a pas conscience, caractérisée par une désintégration de la personnalité accompagnée de troubles de la perception, du jugement et du raisonnement. ».

– De quel trouble du raisonnement souffrons-nous ? Du raisonnement logico-mathématique. Le même « trouble » qui fait dire au gouvernement que le nouveau système de retraite « universel » (aux multiples dérogations) profitera à tout le monde, alors qu’un enfant de CE2 est capable de comprendre que le même gâteau divisé en plus de parts (ensemble de la carrière au lieu des 25 meilleures années), ça fait moins de gâteau pour chaque personne. C’est pareil pour ce virus : en refusant le dépistage systématique (pourtant préconisé par de nombreux médecins), les gouvernements européens faussent les données et les rendent très alarmantes. Prenons un exemple : si, parmi toutes les victimes de la grippe, je ne prends en compte que celles qui sont hospitalisées, et que j’établis mes statistiques sur ces malades-là et pas sur ceux qui se contentent de rester cloués au lit chez eux pendant 5 jours, je vais forcément avoir un nombre de morts et de cas compliqués beaucoup plus élevé, proportionnellement, que si je prends en compte tous les malades de la grippe du pays. C’est de la logique pure.
Donc le taux de létalité et de complications graves du Covid19 ne peut être calculé en Europe de manière fiable puisqu’il n’y a aucun dépistage systématique. Dans les pays où ce dépistage systématique a été ou est fait (Chine, Corée du sud, Allemagne), le taux de létalité est de 1,4 % pour la Chine (source : ScienceetAvenir.fr), 0,2 % en Allemagne, 0,1 % en Corée du sud. La grippe saisonnière a un taux de létalité de 0,2 à 0,5 %. Tout est dit. Et c’est bien pour ça que l’OMS demande instamment à tous les pays de pratiquer des tests en masse. Même si le Covid19 est plus contagieux que la grippe, est-ce que cela justifie de mettre 67 millions – pour la France – de personnes sous cloche ?

– Imaginons maintenant que nous soyons au pays merveilleux des politiques de santé publiques saines et efficaces- on peut toujours rêver. Dans ce cas, nous aurions aujourd’hui en France 70.000 lits en plus dans nos hôpitaux, ceux-là même qui ont été supprimés entre 2003 et 2017, et auxquels il faut ajouter les 4200 lits supprimés en 2018. Des lits, et des centaines de millions en moins pendant trente ans, pour aboutir aux cris de détresse et d’alarme des services d’urgences d’abord, puis de l’ensemble des personnels hospitaliers, depuis deux ans. Cris de détresse auxquels les forces de l’ordre ont répondu par des gaz, souvenez-vous. Si nous sommes aujourd’hui confinés, ce n’est pas tant que nous ayons affaire à un virus super tueur et ultra dangereux, mais parce que notre système de santé n’est plus capable de faire face à une affluence de malades. Même topo en Italie, en Espagne et dans tous les pays voués à la « rentabilité » des services publics.

– Si nous étions logiques, nous nous dirions donc : donnons le nécessaire à l’hôpital pour qu’il fonctionne, ouvrons des places, achetons du matériel médical et embauchons des soignants. De cette manière, les gens atteints par des affections graves pourront être soignés, et les personnes saines pourront continuer leur vie normalement. Mais il faut croire que cette logique n’est pas celle du gouvernement, qui n’hésite pas à annoncer un soutien massif aux entreprises (sous forme de défiscalisation et de garantie aux futurs prêts bancaires), mais toujours rien pour les hôpitaux (en dehors des quelques rustines de début d’année). Alors que ce sont justement les cadeaux fiscaux faits aux grandes entreprises depuis des années qui « justifient » la descente aux enfers des services publics. La seule chose qui ruisselle, c’est la colère et la peur.

– La « bonne » nouvelle, c’est que nous sommes déjà en train de payer ce « soutien » aux entreprises, par les amendes de 135 € en cas de déplacement « non justifié ». Mercredi 18 mars, premier jour de confinement, 4000 amendes de ce type ont été distribuées. On peut imaginer que le nombre ne va aller qu’en augmentant, d’autant que l’étau se resserre a prévenu Castaner. Or 4000 amendes par jour (si on s’en tient à ce chiffre), ça fait 24 300 000 euros en 45 jours. Les femmes battues qui voudraient fuir les coups, les grands sportifs qui « pèteront les plombs » à force de rester enfermés, les parents des enfants en bas âge ingérables à force d’être confinés, seront sans doute heureux de participer à ce nécessaire « sacrifice ».

– Dans le même état d’esprit psychotique, hébétés par l’arrêt brutal de nos vies, réduits à se munir d’un laisser-passer pour aller chercher une baguette, effrayés par le déchaînement médiatique qui poursuit son matraquage mortifère, ahuris par la violence inouïe du choc planétaire, nous ne pouvons pas réagir aux lois liberticides qui viennent d’être prises. Non seulement parce que nous ne pouvons pas nous rassembler, mais surtout parce que nous ne sommes pas capables, collectivement, d’en faire l’analyse critique. La peur au ventre, on redonne notre confiance au Père président qui nous protège si bien de la menace de mort imminente (+ 13 points de popularité en 3 semaines). Et pourtant, l’état d’urgence sanitaire qui vient d’être voté, de même que la loi « urgence coronavirus », permet désormais au gouvernement de se passer des deux chambres pour tout ce qui concerne, notamment, le droit du travail. Congés payés, durée du temps de travail hebdomadaire, tout est désormais malléable : « L’article 7 de la réforme dispose en effet que le gouvernement pourra, par ordonnance, “permettre aux entreprises de secteurs particulièrement nécessaires à la sécurité de la Nation ou à la continuité de la vie économique et sociale de déroger aux règles d’ordre public et aux stipulations conventionnelles relatives à la durée du travail, au repos hebdomadaire et au repos dominical”. Nous sommes en guerre, a répété le Président (et Trump s’est d’ailleurs empressé de lui piquer la métaphore), et donc on demandera un effort de guerre aux populations. Sauf qu’une guerre, à un moment, ça prend fin, tandis que cette loi, elle, ne précise aucun caractère provisoire ou exceptionnel. C’est entériné, de manière potentiellement définitive. Même chose en Israël, où le gouvernement peut maintenant pister tous les individus par leur smartphone. Pas grave, tant qu’on est vivants, serait-on tenté de penser. Certes, mais encore faudrait-il nous fournir la preuve que nous risquons vraiment la mort.

– Il se trouve que d’éminents chercheurs, virologues et infectiologues, reconnus mondialement par la communauté médicale et scientifique, ont la quasi certitude d’avoir trouvé LE remède pour contrer les formes graves du Covid19 (la chloroquine, associé à un antibiotique). Mais il y a un hic, un gros hic : ce remède appartient au domaine public, ne coûte presque rien, et donc ne rapporte rien. Autrement dit, ce médicament est totalement impropre à générer de substantiels profits, contrairement aux vaccins sur lesquels planchent de nombreuses équipes concurrentes. Telle est la raison pour laquelle on fait passer des équipes de chercheurs pourtant reconnues pour de sinistres huluberlus. Une nouvelle guerre commerciale, en somme. Ce serait juste pénible si nous n’en faisions les frais que de manière passagère. Mais on sait tous que les bouleversements que nous vivons auront un impact durable sur nos existences, à tous les niveaux.

J’aimerais apporter des paroles de paix, d’espoir et de nouveau monde, parce que c’est de cela dont nous avons tous besoin. Mais je ne peux pas, ce soir. Une fois de plus, on nous la fait à l’envers, mais dans des proportions tellement gigantesques qu’on peine à le concevoir. Il ne s’agit pas de théorie complotiste ou d’élucubrations fantaisistes, mais l’épreuve, sinistre, des faits.

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